Luciole BOUCHÉ 

 

 

 

 

FLEURS DE MON HERBIER

 

 

 

J’aime les fleurs, charnelles,

Radieuses, brûlantes

De grâce paysanne

Et de paix triomphante

Poussée victorieuse

D’un poème de printemps 

Dans l’innocence des ronces

D’un paysage sauvage.

 

Je les cueille et les baptise

De leur  nom  grec ou latin

Pétales et tiges collés

Sur les pages d’un herbier ,

Elles goûtent l’éternité

Comme des religieuses allongées ,

Dormant dans l’attente

D’un souffle de résurrection

 

                Un herbier est une bible où l'âme

                des fleurs garde un goût d'absolu

 

 


CES SOUVENIRS SI DOUX

 

 

 

 

Je glissais ma menotte

Dans la main de mon grand-père,

Une grande main fissurée

Par les sillons d’Automne

 

Il m’avait appris le rire du soleil

Qui émiette ses couleurs

Dans les mystères de la rivière,

Les nuages essoufflés

Sous la pèlerine d’hiver,

Les foucades de vent obstiné

Qui défroissent les hautes herbes,

Et les cascatelles de l’aube

Qui réveillent les oiseaux

Feutrés dans leurs rêves.

 

De ses blessures de guerre

Jamais il ne parlait,

Mais pour que la terre

Ne soit plus à l’envers,

Il avait refait la carte du ciel

En bel arbre de vie

Pour nous les petits.

 

Au delà du regard

Dans la furtive caresse

Du silence d’éternité,

Je reste lié à mon grand-père

Par un cordon de soleil ,

De vent et de miel …

 

Ces souvenirs si doux

Qui font pleurer les hommes …

 

 


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