Empreintes 23 Jocelyne RENOU

Jocelyne RENOU

JOUISSANCE

Elle serait sur l'eau, ma maison.

Amarrée, mais sur l'eau.

Solidement amarrée.

Elle monterait et descendrait

en suivant les crues et décrues.

Et je dormirais sur un matelas d'eau.

Dans la ville.

Elle serait sur l'eau, ma maison.

Et les jours de pluies,

j'entendrais les gouttes

tambouriner contre les vitres,

sur le pont, sur le toit ;

tapoter doucement le fleuve.

Doucement.

Elle serait sur l'eau, ma maison.

Les jours de grands vents,

elle danserait, ma maison,

avec le fleuve, oui, avec le fleuve.

Et les vagues frapperaient

nos flancs.

On rirait, ma maison et moi.

Elle serait sur l'eau, ma maison.

Les jours de joli soleil,

elle s'étirerait, silencieuse,

alanguie, paresseuse.

Se reflèterait dans l'éclat bleu.

Scintillant.

On fredonnerait, ma maison et moi.

Elle serait sur l'eau, ma maison.

Les jours de fête et d'amitié,

elle s'offrirait, chaleureuse,

charmeuse, cajoleuse,

réjouissante, surprenante,

accueillante, berçante.

Plus que lente.

Elle serait là, ma maison.

Sur l'eau.

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